Boîtes de dons de vêtements : lucratives, controversées et peu encadrées

Boîte de dons 2 - tagéeLes boîtes de dons : voilà un moyen facile de se débarrasser des nos vieux vêtements près de chez nous. Mais quelles motivations poussent-elles à faire des dons de vêtements : est-ce pour financer une cause? Est-ce que vous connaissez les organismes auxquels vous donnez? Savez-vous vraiment ce qui advient de vos vêtements?

Depuis quelques années, la prolifération des boîtes de dons soulève de questions. Des problèmes concernant ces boîtes sont soulevés, notamment le manque d’entretien des contenants (souvent couverts de graffitis), leur omniprésence dans les lieux publics et l’apparition de boîtes au nom d’organismes jusqu’alors inconnus. Des enquêtes journalistiques, dont deux reportages de la facture en 2013, ont soulevé des faits troublants concernant trois organismes en particuliers.

La Fondation québécoise de la famille monoparentale et le Fonds québécois dédié aux sports auraient notamment plagié des logos d’organismes existants pour bénéficier de leur notoriété. La Fondation BINefit aurait quant à elle tiré profit d’une entente avec le Club des petits déjeuners, qui lui a permis d’afficher son logo en contre-partie d’une compensation financière.

Derrière certains de ces nouveaux organismes se cachent des exportateurs de vêtements, qui peuvent en tirer un profit non négligeable. On sait bien peu de choses sur leur situation financière et la contribution à la cause à laquelle on les identifie.

Organismes bidons, mouvement solidarité boîtes de dons et réglementation municipale

L’arrivée de nouveaux joueurs a eu un impact significatif sur les revenus de certains organismes de charité. En 2014, Entraide diabétique a enregistré des pertes de revenus de près de 1,7 M$. Cela représente une diminution de 35% comparativement à son chiffre d’affaires de 2013. Le Support-Fondation de la déficience intellectuelle enregistrait quant à elle une baisse de revenus de 20% en 2013.

Mouvement solidarité boîtes de donsCes deux organismes, conjointement avec la Fondation Grands Frères Grandes Soeurs du Grand Montréal, ont mis sur pied le Mouvement solidarité boîtes de dons pour agir contre la concurrence déloyale des boîtes de dons, et demander un encadrement réglementaire uniforme et plus contraignant.

Les vêtements récupérés par les boîtes de dons sont un moyen de financement pour les causes auxquelles sont attachées ces trois organismes. Toutefois, il est important de garder en tête qu’ils revendent leurs vêtements au Village des valeurs, qui les vend à son tour à sa clientèle. Il s’agit donc d’une entente lucrative pour l’entreprise, qui est une société par actions cotée en bourse – loin d’un organisme sans but lucratif!

Encadrement versus interdiction des boîtes de dons

Comme il n’y a pas d’encadrement provincial, les propriétaires de boîtes n’ont pas l’obligation de démontrer qu’ils sont un organisme de charité, par exemple.

Au grand dam du Mouvement solidarité boîtes de dons, le ministre des Affaires municipales préfère laisser la décision dans le camp des municipalités. Et celles-ci optent pour différentes pistes d’action.

Certaines ont choisi d’interdire complètement l’installation de boîtes de dons, peu importe à qui elles appartiennent. C’est entre autres le cas de Berthierville, Blainville, Saint-Bruno-de-Montarville et des arrondissements d’Anjou et de Pierrefonds-Roxboro.

D’autres ont opté pour la réglementation municipale. Laval, par exemple, a adopté un règlement qui spécifie des normes quant à l’entretien des boîtes, la nécessité d’afficher clairement le nom de l’exploitant et son obligation de démontrer les bénéfices directs liés à la collecte de vêtements. Car le fait d’être un organisme de charité n’est pas une preuve en soi que les vêtements donnés sont utilisés à bon escient!

« Une piste à examiner serait la présence d’une instance neutre qui évalue les pratiques pour s’assurer qu’un certain code d’éthique soit respecté dans les pratiques de l’organisme, » soumet Jérôme Cliche, agent de développement industriel chez RECYC-QUÉBEC.

«  Dans la précédente politique québécoise de gestion des matières résiduelles (1998-2008), il y avait des objectifs de mise en valeur des textiles (y compris les vêtements usés) pour les municipalités et les entreprises. Depuis qu’elles n’en ont plus, on sent un certain désengagement de leur part, car ça ne fait plus partie des cibles à atteindre, » renchérit-il.

Dans tous les cas, la question se pose : comment faire les bons choix?

La suite à venir… la semaine prochaine!

Pour en savoir plus :

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